Le Moulin de la Lande à Barenton

Il y a une quinzaine d’années, lorsqu’il a entrepris la restauration de ce moulin, Dominique Gaumer a repris le fil d’une histoire familiale qui remonte au XVIe siècle, à 1570  précisément, lorsque le moulin n’avait ni mécanisme ni roues.

Dominique Gaumer connaît bien l’histoire du lieu, mentionné dès le 24 avril 1571, dans un aveu devant Jean de Verdun, seigneur de Barenton. Un aveu est une déclaration faite suite à l’acquisition d’une terre. On pourrait le comparer à la publication judiciaire requise aujourd’hui lors de certains actes, tel un changement de régime matrimonial.

Cet aveu a été fait aux plaids (ou « pleds ») de la sieurie (seigneurie) de Barenton tenu par un dénommé André Buisson, licencié ès « loixs » ( c’est-à-dire, « en droit »), sénéchal. Les plaids étaient des séances consacrées à de telles déclarations, qui se tenaient plusieurs fois par an.

La terre en question était « La Bourserie » et le nouveau propriétaire s’appelait Etienne Guyard.  Il s’agit d’une superficie de douze acres, sur laquelle étaient installées les personnes suivantes : Julien Postel, au « Val », François Brazard et son frère Gilles ; Jean, François, Michel, Charles et Robert Brazard, Marguerin Michaux « à cause de sa femme », et Guillaume de Launay et ses frères. Les servitudes du moulin étaient les suivantes :

  • Brébiage de trois ans en trois ans
  • Fouler leurs draps, serges et bureaux au moulin fouleur
  • Moudre le froment au moulin banal
  • Enfourner leur pain au four banal
  • Quérir (= aller chercher) les meules à Caen
  • Charroyer le bois des noës et javelles

Au début du XVIIe siècle cette terre de la Bourserie passa aux mains des Postel, sieurs du Haut-Val (c’est-à-dire, de celui nommé en premier dans la liste ci-dessus).

   

Quant aux meuniers, ce sont les Brazard entre 1570 et 1680, pendant quatre générations.  Ensuite, de 1640 à 1655 Julien Thébault ;  Mathurin Legrand jusqu’en 1658, François Bertrand de 1658 à 1668, repris en 1690 par Jean Desgrippes, originaire de St Cyr du Bailleul. Nous connaissons par la suite  Louis Legros, décédé le 27 mai 1720, Guillaume Bazin, décédé le 25 janvier 1725 et Thomas Levicomte, décédé le 16 septembre 1759. En 1780 Pierre Desgrippes était meunier à la Lande ; en 1800 Pierre Brazard l’avait remplacé. Se sont succédé ensuite la famille Truchet de St Cyr du Bailleul, Jean Sineux, originaire de Mantilly dans L’Orne, et Pierre Quentin.

Le 18 septembre 1867, Constant Joubin, d’une famille de meuniers de la Mayenne, et son épouse achetèrent l’ensemble – moulin avec deux roues, bief, pré, jardin, habitation, écurie, boulangerie, four à pain et taillis.  Leur fille unique, Pauline, épousa Eugène Liot, descendant de la famille Brazard, celle de 1570. La grand-mère paternelle  de Dominique Gaumer l’a reçu en héritage et l’a transmis à sa tante. Grâce à lui, le moulin a retrouvé ses couleurs, et la boucle familiale est bouclée !

 

 

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