L’Hôtel de Lossendière

Sa façade arrière, visible à partir de la Place des Arcades, témoigne de son ancienneté, mais que savons-nous de son histoire ?   De ses mystères, de ses trésors cachés ? Levons un peu le voile….

Dans « Le Vieux Mortain » Victor Gastebois le décrit comme la « maison du Docteur Dufour », mais ce vieil hôtel particulier devrait plutôt s’appeler« Hôtel de Lossendière » d’après celui qui lui a donné sa forme définitive vers la fin du XVIIIe.

Cette maison figure sous sa forme actuelle sur un plan de l’architecte du Duc d’Orléans qui date de 1784 ; c’est un hôtel fait de deux parties bâties à des époques différentes: la partie droite, lorsqu’on le regarde à partir de la Place du Marché, date vraisemblablement du XVe ou du XVIe siècle et l’autre de la fin du XVIIIe.

 

Lorsqu’on l’observe de ce point de vue, on  a devant soi la façade arrière, qui est en fait presque aveugle, car les ouvertures de la partie la plus ancienne ont été bouchées ultérieurement, et celles qui semblent leur correspondre dans la partie plus récente sont factices.  Le bâtiment est orienté vers l’ouest, vers la vallée dont il donne une vue panoramique.  De plus, l’un des piliers de ce qui devait être un portail impressionnant, est toujours en place.

Maître Louis de Lossendière, avocat au barreau de Paris, est rentré dans son Mortainais natal vers 1770. Pendant sept ans ,de 1776 à 1783, il fut Maître des Eaux et Forêts à Mortain (1).  Il devient propriétaire du Bas Manoir à Sainte Marie du Bois, et de cette maison, qu’il  agrandit en y ajoutant un pavillon dans le goût de l’époque, vraisemblablement en employant les mêmes artisans, car le même modèle de boiseries se trouve dans les deux bâtiments.

Au moment de la Révolution, l’Hôtel de Lossendière était occupé par son fils Jean-Baptiste, et son épouse. Il fut l’organisateur des fêtes révolutionnaires qui se tenaient dans la Collégiale, ce qui n’était pas du goût de son épouse, qui refusa par la suite d’utiliser le nom de son mari.

Le couple eut un fils, Alphonse Jacques de Lossendière, né le 28 mars 1796 à Mortain. Il fut Maire de Vengeons de 1825 à 1830 et de 1832 à 1845, conseiller général du canton de Sourdeval et propriétaire du Logis de Vengeons. Il décéda en 1845 et fut inhumé dans l’église de Vengeons, où une dalle funéraire porte son nom.

Mme de Vaufleury (nom de jeune fille de Mme de Lossendière), mit sa maison en vente après la mort de son époux, en 1857. Elle fut occupée successivement par deux médecins, les docteurs Lemonnier et Dufour. La fille de ce dernier la vendit il y a quelques décennies au propriétaire actuel.

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1 Sous l’Ancien Régime, un règlement strict s’appliquait aux forêts et aux cours d’eau. L’objectif était d’assurer la bonne gestion – nous dirions de nos jours la « gestion écologique » de ces ressources. Il existait une police des eaux et forêts, le rôle du Maître étant de juger et de sanctionner toute entrave à ce règlement. Pour ses peines, M de Lossendière avait le droit de garder par-devers lui la moitié des amendes, un peu comme aujourd’hui les Percepteurs ont toujours droit à un pourcentage des sommes qu’ils collectent. La différence étant que nos percepteurs, eux, perçoivent un salaire

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